De la psychomotricité au chamanisme : retrouver le lien au vivant
Pendant de nombreuses années, j'ai accompagné des personnes en tant que psychomotricienne. Cette profession m'a appris une chose essentielle : le corps est bien plus qu'une mécanique. Il est un lieu de mémoire, de relation, d'émotions et d'expression. Il raconte ce que les mots ne peuvent parfois pas dire.
Au fil de ma pratique, j'ai découvert combien le mouvement, les sensations, la respiration et la présence au corps pouvaient accompagner un mieux-être profond. Mais, peu à peu, une autre question a émergé : et si le corps n'était qu'une porte d'entrée vers quelque chose de plus vaste ?
Cette interrogation m'a conduite à explorer d'autres approches, comme le shiatsu, les soins énergétiques et les traditions chamaniques. Non pas parce que la psychomotricité ne suffisait plus, mais parce qu'elles m'ont permis d'élargir mon regard sur l'être humain et sur sa place dans le vivant.
Aujourd'hui, je continue d'exercer la psychomotricité dans un cadre professionnel réglementé. En parallèle, mon chemin personnel m'a amenée à développer une autre approche, nourrie par les traditions ancestrales, le lien à la nature et une vision plus globale de l'être.
Quand le corps nous conduit vers le vivant
Notre société nous invite souvent à considérer l'être humain comme un individu séparé de son environnement. Pourtant, lorsque nous prenons le temps d'observer la nature, une autre évidence apparaît : tout est en relation.
Nous respirons grâce aux arbres.
Nous sommes constitués d'eau.
Nous vivons au rythme de la lumière, des saisons, des cycles.
Nous faisons partie du vivant.
Les traditions ancestrales nous rappellent cette évidence. Elles nous invitent à retrouver une relation plus consciente avec la Terre, les éléments, les plantes, les animaux et l'ensemble du monde vivant.
Non pas comme une croyance, mais comme une expérience.
Observer les saisons, c'est comprendre que toute transformation demande du temps. Marcher en forêt, c'est parfois retrouver un calme que nous avions oublié. Contempler un arbre, c'est percevoir la force de l'enracinement autant que celle de la souplesse.
La nature devient alors une enseignante.
Ce que les traditions chamaniques m'ont appris
Le chamanisme n'est pas seulement un ensemble de rituels ou de pratiques. Dans les différentes cultures où il s'est développé, il est avant tout une manière d'habiter le monde.
Il rappelle que l'être humain n'est pas au-dessus du vivant, mais qu'il en fait partie.
Que les plantes, les animaux, les montagnes, les rivières ou les éléments peuvent être considérés comme des alliés, des guides ou des sources d'enseignement.
Que les états modifiés de conscience, le tambour, les rituels ou les symboles sont avant tout des moyens de retrouver une qualité de présence et de relation au vivant.
Chaque tradition possède sa propre manière d'exprimer cette relation. Il ne s'agit donc pas d'un modèle unique, mais d'une diversité de savoirs transmis depuis des générations.
Quand deux approches se rencontrent
À première vue, la psychomotricité et les traditions chamaniques semblent appartenir à deux univers très différents.
L'une s'inscrit dans une profession de santé réglementée, fondée sur les connaissances du développement humain, du corps et de la relation.
L'autre puise ses racines dans des traditions ancestrales, où la nature, les éléments, les cycles et le monde symbolique occupent une place centrale.
Pourtant, au fil de mon parcours, je n'ai pas vécu ces approches comme opposées.
Toutes deux invitent à écouter.
Écouter le corps.
Écouter les émotions.
Écouter les rythmes.
Écouter ce qui cherche à émerger.
Toutes deux rappellent que la guérison ne consiste pas uniquement à faire disparaître un symptôme. Elle est aussi un chemin de transformation, de reconnexion à soi, au vivant et à ce qui cherche à retrouver son équilibre. Dans cette rencontre entre la psychomotricité, le shiatsu, les soins énergétiques et les traditions chamaniques, j'ai découvert une compréhension plus vaste de la guérison : un processus qui engage le corps, les émotions, l'énergie, la conscience et notre relation au monde vivant.
Une vision plus globale du soin
Aujourd'hui, de nombreuses personnes ressentent le besoin d'une approche plus holistique de leur santé et de leur bien-être.
Elles cherchent à comprendre ce qui se joue derrière leurs difficultés, mais aussi à retrouver du sens, à ralentir, à renouer avec leur corps, avec la nature et avec leur propre intuition.
Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de cette rencontre entre différentes approches, dès lors qu'elles sont vécues avec respect, humilité et discernement.
Il ne s'agit pas d'opposer la science et les traditions, le soin et la spiritualité, le corps et la conscience.
Il s'agit peut-être simplement de reconnaître que l'être humain est multiple.
Nous sommes un corps.
Nous sommes des émotions.
Nous sommes une histoire.
Nous sommes en relation avec les autres.
Et nous faisons aussi partie d'un monde vivant dont nous nous sommes parfois éloignés.
Revenir au vivant
Peut-être que la guérison ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre, mais à retrouver ce qui, en nous, aspire naturellement à l'équilibre.
En reprenant notre place au sein du vivant, en écoutant le corps, les rythmes de la nature et les mouvements de notre être, nous laissons émerger une capacité de transformation déjà présente.
C'est cette vision de la guérison qui inspire aujourd'hui ma pratique : une guérison qui ne sépare pas le corps, le cœur, l'esprit, l'énergie et le vivant, mais les considère comme les expressions d'un même être.