La psychomotricité a été mon premier chemin pour comprendre et accompagner l’être humain à travers le corps. Puis, au fil de mon parcours, j’ai ouvert d’autres portes : le shiatsu, les pratiques énergétiques, puis le chamanisme.
À chaque étape, ma perception s’est élargie, sans que le corps cesse d’être au centre. Il est resté le fil conducteur : le corps que l’on ressent, celui qui se met en mouvement, qui entre en relation, qui porte des traces et des mémoires, mais aussi le corps énergétique et tout ce qui peut être perçu au-delà de sa dimension physique.
Le chamanisme est venu ouvrir une autre lecture de ce corps et de ce qui nous relie au vivant. Non pas pour effacer ce qui avait été appris auparavant, mais pour laisser apparaître d’autres dimensions de l’expérience.
C’est cette rencontre que j’ai envie d’explorer ici : ce qui relie la psychomotricité et le chamanisme à travers le corps, le ressenti, l’espace et le temps, mais aussi à travers la relation à l’autre, aux éléments, à la nature et au vivant.
Le corps, un langage
Le tonus, les éprouvés sensoriels, la posture : le corps parle bien avant les mots. C’est par les expériences sensorielles que nous entrons dans le monde, que nous découvrons l’autre et que nous construisons notre manière d’être en relation.
En psychomotricité, cette écoute du corps est au cœur de la relation. Le dialogue tonico-émotionnel permet d’être attentif à ce qui se joue dans son propre corps, dans celui de l’autre, mais aussi dans ce qui circule entre les deux.
Cette écoute s’est poursuivie et élargie avec le shiatsu et les pratiques énergétiques. Le corps peut alors être appréhendé autrement, dans sa dimension énergétique, avec une attention portée à ce qui circule, se bloque ou se transforme.
Avec le chamanisme, cette perception s’ouvre encore davantage. Le corps devient une porte d’entrée vers le ressenti, les mémoires, mais aussi vers une relation plus vaste avec ce qui nous entoure.
Du corps à la relation
L’être humain se construit dans la relation. Dès les premiers instants de la vie, le lien à l’autre est essentiel pour se sentir en sécurité, découvrir le monde et trouver sa place. Le corps participe pleinement à cette rencontre, à travers le toucher, le regard, les sensations et toutes ces expériences qui nous relient à l’entourage et l’environnement qui nous entourent.
En psychomotricité, cette dimension relationnelle est fondamentale. La manière dont nous sommes touchés, regardés, accompagnés ou contenus participe à notre façon d’habiter notre corps et de prendre notre place.
Au fil de mon chemin, cette relation s’est progressivement élargie. Elle ne concerne plus seulement la relation entre deux personnes, mais aussi celle que nous entretenons avec notre environnement et avec le vivant.
Dans le chamanisme, la nature n’est pas seulement un décor. Elle peut devenir un espace de relation et d’écoute. Les éléments, les plantes, les animaux, les arbres et les cycles de la nature prennent une place particulière dans cette manière de percevoir le monde.
Dans mon expérience, j’ai rencontré les plantes comme des enseignantes et les esprits de la nature comme des présences avec lesquelles il est possible d’entrer en relation.
L’espace et le temps
L’espace est une notion importante en psychomotricité : l’espace du corps, l’espace autour de soi, la distance avec l’autre, les déplacements, les repères. Il y a aussi cette capacité à trouver sa place et à se sentir suffisamment en sécurité pour explorer.
Le temps accompagne lui aussi notre expérience corporelle. Le développement, le mouvement, les interactions, les rythmes et les cycles participent à notre manière d’habiter le monde.
Avec le chamanisme, ces notions peuvent prendre une autre dimension. Il existe d’autres espaces de perception, d’autres manières de vivre le temps, notamment à travers les cycles de la nature, les saisons, les passages et les expériences qui peuvent ouvrir sur le visible et l’invisible.
Le corps reste alors le point d’ancrage. Il permet de ressentir, de percevoir et d’habiter la matière, tout en pouvant ouvrir vers d’autres espaces d’expérience.
Une perception qui s’élargit
Au fil de ce chemin, ma perception du corps s’est donc élargie. Il est corps physique, sensoriel, relationnel et énergétique. Il porte notre histoire, nos émotions, nos expériences et certaines mémoires.
Dans mon approche, le corps peut aussi devenir une porte vers des perceptions plus subtiles, vers ce qui se ressent sans toujours pouvoir se mettre en mots.
C’est peut-être là que se trouve le lien entre ces différents chemins : une même attention portée au corps et à ce qu’il nous révèle, mais avec des lectures qui peuvent s’élargir.
De la psychomotricité au shiatsu, puis au chamanisme, le regard se déplace sans perdre son point de départ. Le corps reste là, mais la relation s’étend : à soi, à l’autre, à son environnement, aux éléments, à la nature et au vivant.
Retrouver le lien au vivant
Au fond, ce chemin m’a ramenée vers quelque chose de très simple : nous sommes vivants parmi le vivant.
Nous sommes traversés par des sensations, des émotions, des mouvements et des énergies. Nous sommes aussi reliés à la terre, à l’eau, à l’air, au feu, aux saisons, aux plantes et aux cycles de la nature.
Retrouver son corps, c’est peut-être déjà retrouver ce lien. Réapprendre à ressentir, à écouter et à être présent à soi et à ce qui nous entoure.
La rencontre entre la psychomotricité et le chamanisme n’efface donc pas les différences entre ces deux chemins. Elle ouvre simplement une autre manière de regarder l’être humain : à partir du corps, du ressenti et de la relation, jusqu’à cette sensation plus vaste d’être relié au vivant, à l’invisible et à quelque chose de plus grand que soi.